A l'aube de la journée.
Je marchai dans la brume.
Chacun de mes pas s'enfonçant dans les profondeurs grises du ciel.
Cela paraissait irréel à raconter.
Mais cela ne l'était pas plus que de nager dans la mer en hiver.
C'était étrange, rien de plus.
Tout ce que les gens disent irréel n'est en fait que quelque chose qui leur est étrange et qui les dépasse.
Peut-être est-ce pour cela qu'ils me jugent irréelle.
Les gens jugent sans connaître.
Sans savoir.
Ils sont submergés par les préjugés.
Pour la plupart d'entre eux, l'univers s'arrête aux limites de la ville où ils habitent. Pour ceux dont l'esprit est un peu plus ouvert sur le monde, aux frontières du pays.
Mais c'est tout.
Alors que moi. Je suis comme la brume. Je passe inaperçue. Je n'ai pas peur de la nuit. J'accompagne les vagabondages du brouillard alors qu'il enfouie les maisons sous son grand manteau gris. Comme pour les cacher aux yeux du monde.
Mais les gens n'aiment pas la brume. Ils ne l'aiment pas car elle leur cache les choses.
Elle enveloppe le soleil et le monde dans se soie épaisse et grise. Les gens sont curieux, curieux de tout ce qu'il ne faudrait pas.
De la nouvelle voiture du voisin.
De la coupe de cheveux immonde de la voisine d'en face.
C'est tout ce qui les intrigue.
Beaucoup ne s'intéressent ni aux mystères du temps et de l'âme.
Tant de choses qui en valent la peine mais qui passent toujours sous silence.
Les gens sont ainsi. Je les ai observés plus longtemps que je n'aurai dû.
Ils veulent puissance, pouvoir, argent et avec cela ils veulent acheter l'amour.
Toutes ces choses, j'y ai cru dur comme fer.
Un jour, pourtant, le brouillard m'a dévoilé une révélation.
Un enfant. Un garçon tout blond. 3 ans au plus. Il était assis dans un bac à sable. Indifférent au monde, il essayait de faire des pâtés avec le sable. Il riait d'un pigeon qui tentait d'attraper un bout de pain dans son bec alors qu'il était trop grand pour lui.
Ce rire retentissait comme un carillon, sincère et franc. Devant l'enfant, un pâté de sable tenait encore debout. En agitant les jambes, le gamin vit son pâté s'écrouler. Il se mit à pleurer doucement. Comme le rire quelques instants auparavant, les pleurs de l'enfant réunissaient tout ce qu'il y avait de plus vrai dans le monde entier.
Une femme, blonde comme le petit garçon, se leva du banc sur lequel elle se tenait assise et s'agenouilla aux côtés de son enfant. Elle le pris dans ses bras et entreprit de le bercer doucement.
Tout était si vrai.
Devant la douceur de la femme et les pleurs de l'enfant pour un pâté détruit, je me rendis compte à quel point je m'étais trompée.
Sur tout.
Ou presque...
Texte : by me^^
(Anne, dis moi ce que tu en penses. Moi, tu sais ce que je pense de tout ce que j'écris...)




